Vendée Globe – les coulisses

Intervenir sur le Vendée Globe en tant que professionnel, c’est beaucoup de travail préparatoire, explique Erwan Gentric. Erwan travaille à la direction du littoral et de la mer à Saint-Nazaire et est intervenu pour la deuxième fois de  sa carrière sur l’opération de sécurisation du plan d’eau pour le départ du Vendée Globe. Tout commence des semaines  avant la date du départ par des réunions techniques et de concertation permettant de définir les différentes zones à sécuriser sur l’ensemble du site aux Sables-d’Olonne et de coordonner les interventions de nombreux services qui sont ainsi mobilisés (Gendarmerie maritime, affaires maritimes, CRS, police nationale, douanes, SNSM…). Une centaine de personnes…

vont ainsi avoir la mission de sécuriser le plan d’eau divisé en plusieurs zones, des zones d’interdiction de navigation, personne ne doit entrer dans la zone de navigation réservée aux Imocas notamment lorsqu’ils sortent pour gagner la zone de départ. C’est très réglementé. Chaque zone est définie par des points GPS. Chaque embarcation a sa zone à inspecter. Deux à trois heures avant le départ, une zone est définie en fonction des conditions de vent, cette zone de départ peut être décalée si les conditions évoluent afin que les Imocas partent dans les meilleures conditions.

La neuvième édition du Vendée Globe est très particulière et malgré les digues et quais vides, le dispositif de sécurité a été dimensionné comme à l’habitude. La mission principale est d’éviter que des bateaux de plaisance ou de pêche pénètrent dans la zone de sécurité. Cette année ce n’était pas trop le problème, les 33 Imocas 60 étaient seuls et sans escortes. Le PC course émet ses directives aux vedettes et patrouilleurs par le biais du canal 74 dédié à la sécurité pour l’évènement. Les bateaux, qui accompagnent pour des raisons techniques les Imocas, sortent de la zone les uns après les autres après avoir reçu un signal, les derniers à quitter la zone sont ceux qui transportent les équipiers. Il faut veiller à ce que tout se passe en sécurité et dans les temps car le départ de la course ne doit pas être compromis.

A part que “lorsque le bouchon de brume est apparu très bas sur l’eau (aucun des debriefings météo ne l’avait prévu), on sait dit qu’on y verrait plus rien d’ici un quart d’heure” explique Erwan. “La navigation s’est faite au radar, on ne voyait rien, tout le monde à bord ouvrait les mirettes, on entendait parler dans cette ambiance ouatée, c’était assez impressionnant et on c’est dit qu’après tout c’était une chance qu’il n’y ait pas plus de bateaux sur l’eau. S’il y avait eu les plaisanciers cela aurait été très compliqué. Un départ de Vendée Globe reporté 4 fois c’était une première !”

C’était un moment exceptionnel à plus d’un titre. Ce départ de Vendée Globe 2020 était emprunt d’un peu de tristesse sans la foule présente et la multitude de bateaux, juste des gens au balcon pour saluer les skippers et leurs équipes.  Mais pour ceux qui avaient la chance d’être sur l’eau ce fut un moment inoubliable. La mission de sécurisation en a été très simplifiée et Erwan confie “Quand on est sorti du port avec le soleil levant on c’est tous regardés, on était là pour le Vendée Globe, mais seuls. D’habitude, il y a tant de bateaux que la mer devient blanche, on n’est plus manoeuvrant tellement l’eau est brassée. Les bateaux mettent les gaz pour rejoindre les Imocas et avec le fort clapot c’est une horreur pour le barreur qui sue à grosses gouttes.”

Les 33 Imocas ont rejoint la ligne de bouée, le top de départ est donné, ils mettent un peu plus de voile et s’élancent pour le tour du monde. Les premiers disparaissent à la vue à peine en une demi-heure, on ne perçoit plus vaguement que leur mât au loin. Ils prennent de la vitesse très rapidement, c’est incroyable.

“Le départ des bateaux, c’est un grand moment. C’est une chance d’être sur l’eau à côté de ces bateaux exceptionnels. Et même s’il n’y avait pas cette année cette ambiance de fête, cette liesse, cela reste un moment extraordinaire. Et les reports du départ ont donné un peu de piment à l’affaire. Un Imoca est passé à 150 m de nous, c’est grandiose ! Ce sont des monstres, ces bateaux, d’une technologie incroyable. On lève les bras pour saluer le skipper et il nous répond. On partage le même amour de la mer. Le Vendée Globe, c’est une course mythique. C’est mon deuxième Vendée Globe, c’est quelque chose qu’on n’oublie pas.”

Et c’est un moment qui se partage, les équipages de la direction du littoral et de la mer, d’un Vendée Globe à un autre, tournent dans la mesure du possible pour que le maximum de personnes puissent vivre ce moment là.

Merci à Erwan Gentric pour les informations et le partage de ce grand moment.

Anne-Marie

Photos : Erwan Gentric

 

 

Une réflexion sur “Vendée Globe – les coulisses

  • 30 novembre 2020 à 21 h 35 min
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    Merci pour cet article, on a vraiment l’impression d’y être !!

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