Vendée Globe : évolutions technologiques et records illustrés

Le Vendée Globe a la réputation d’être l’une de courses les plus périlleuses. Des marins d’exceptions, endurant solitude, conditions physiques extrêmes, faisant paire avec des machines de plus en plus perfectionnées et difficiles à manœuvrer. Chaque édition est marquée par des records battus, accompagnés de casses et accidents parfois tristement célèbres, car elle est aussi lieu d’expérimentation de nouvelles technologies.

Fondée en 1991, l’International Monohull Open Class Association, définit la classe des monocoques Open de 60 pieds (18,28 mètres) et règles de la course, les adaptant d’édition en édition pour permettre sécurité des bateaux et innovation. Ses membres fondateurs sont Isabelle Autissier, Christophe Auguin, Alain Gautier et Jean-Luc Van Den Heede, tous skippers confirmés.

 

La jauge 2020

 

La 1ère édition, inspirée du Golden Globe Chalenge, a lieu en 1989-90. 13 participants, 7 à l’arrivée. Le gagnant est Titouan Lamazou, qui termine la course en 109 j 08 h 47 min 55 sec. Son bateau : l’Ecureuil d’Aquitaine II, 13 tonnes.

 

Ce record n’est pas battu lors de la 2èm e édition en 1992-93, bien que marquée par l’arrivée de nombreux bateaux composites : on notera notamment le Bagages Superior de Alain Gautier, un ketch à 2 mats de 11 tonnes, dessiné par Finot. De nombreux démâtages, problèmes de quilles, pertes de safran… Le Fujicolor III de Loïc Peyron de délamine.

 

Le principe de composite

 

L’innovation de l’édition de 1996-1997, c’est le monocoque de Yves Parlier (« l’Extra-Terrestre »), l’Aquitaine Innovation, dessiné par les architectes Conq et Finot. Un travail en collaboration avec l’aérospatiale permet l’élaboration d’une coque plus légère et plus solide (différents process de cuisson et extrusion du carbone). La particularité de ce bateau est son gréement de type thonier en mât-aile orientable avec de grandes barres de flèche (latérales) de 6m48. Cette innovation, inspirée des multicoques, consiste en un mât en forme de goutte d’eau ou d’aile d’avion, que l’on peut faire pivoter.

Lors de cette même édition, les quilles pendulaires font leur première apparition sur le Vendée Globe. Principe initié par Michel Desjoyaux en 1991 lors de la Mini Transat, puis implanté sur un monocoque de 18 mètre pour un nouveau bateau destiné à Isabelle Autissier (BOC Challenge). Ces équipements permettent d’augmenter le couple de redressement sans modifier le déplacement du voilier. On remarquera PRB, sur lequel navigue Isabelle Autissier, et Geodis, support du vainqueur Christophe Auguin. Des flancs en V assez ouverts, et une carène aux flottaisons étroites, pour une surface mouillée réduite.

 

Quille pendulaire principe

 

Dans ces mêmes années 2000, on construit des bateaux de plus en plus légers : les calculs structure permettent une meilleure optimisation, et on progresse sur la mise en œuvre des matériaux. Pour exemple, le fameux PRB vainqueur de plusieurs éditions est à 33 tonnes/mètres, contre 25 tonnes/mètres pour Foncia en 2008. Les efforts et les impacts sont toutefois plus importants aussi, d’où l’importance de renforcer.

On notera que les chavirages étant de plus en plus nombreux, l’association IMOCA impose des règles de construction et de sécurité plus strictes, dont des tests de retournement des bateaux pour l’édition 2000-2001.

Les bateaux sont de plus en plus rapides, François Gabard sur le bateau Macif (VPLP et Verdier) établi un record de vitesse en 2012-2013, une vitesse de 24 nœuds en moyenne.

 

En 2014 la jauge IMOCA évolue une fois de plus, réduisant la puissance des bateaux (réduction du volume des ballasts). Une première génération de foils est alors testée. Le principe : augmenter le couple de redressement, l’effet étant à peu près le même que de remplir des ballasts supplémentaires.

Lors de l’édition de 2016-2017, ce sont 6 foilers qui prennent la course. Alex Thomson (Hugo Boss, VPLP) établit un record de vitesse et de descente la plus rapide de l’Atlantique en 17 jours et 22 h 58 min, soit 5 jours de moins que lors l’édition précédente.

Aujourd’hui, le record de durée du tour VG est obtenu par Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII) 74 j 03 h 35 min 46 sec (édition 2016-2017).

 

 

L’édition 2020-21 Ce sont 33 participants au départ. Lorsque en 2016, les carènes des bateaux étaient dessinées pour pouvoir fonctionner même sans foils, la génération 2020 présente des bateaux « navigant » complètement hors de l’eau, les foils ayant la possibilité de porter 100% du bateau (plus de 9 tonnes). La surface de toile peut ainsi être réduite, la résistance dans l’eau étant plus faible. Vitesses de près de 30 nœuds … un autre bateau OVNI : Hugo Boss, sur lequel est parti Alex Thomson, dessiné par les architectes VPLP.

 

Mais alors, comment les architectes s’adaptent-ils à ces nouvelles jauges ? Comment font-ils compromis entre volonté de performance et sécurité ?

Pour aller plus loin :

http://chevaliertaglang.blogspot.com/ : de beaux dessins des IMOCA en course cette année.

https://www.histoiredeshalfs.com/Histoire%20des%2060%27/Liste%20des%2060%27.htm : archives photos et presse des 60 pieds.​

Isabelle

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