Sauveteurs en mer de la SNSM – Tous des bénévoles

Station de Pornichet-Côte d’Amour – une devise : “Sauver et Revenir”

SNSM (Société Nationale du Sauvetage en Mer), quatre lettres bien connues des plaisanciers et de tous ceux qui naviguent. Des gens de mer que l’on admire mais qu’on espère n’avoir jamais à contacter.

Rencontre téléphonique avec deux bénévoles de la station Pornichet-Côte d’Amour.

Thierry Caudal, président de la station et Eric Bertho “Patron” ont échangé sur leur engagement en tant que sauveteur en mer et l’organisation de leur station. Merci à eux pour leur disponibilité.

D’abord un principe de fond, tous sont bénévoles, 100% bénévoles. La station de Pornichet-Côte d’Amour, comptent 60 personnes dont 37 sauveteurs embarqués qui interviennent sur les opérations de sauvetage, déclenchées sous l’autorité du CROSS Etel. L’effectif est composé de 30% à 40% de femmes.

Pour assurer des opérations de sauvetage, on est “embarqués” de 18 ans à 65 ans. Après 65 ans on ne lâche pas pour autant l’affaire, être bénévole à la SNSM c’est un engagement sur la durée. Alors “on fait tourner la boutique” en assurant les tâches administratives, les animations de prévention, entre autre. Ceux qui signent le font pour plusieurs années, bien souvent sur 20, 30 ans voire plus. La SNSM, c’est mieux que Tintin, c’est de 18 à 85 ans !

La SNSM a deux missions sociales : le sauvetage et la prévention des risques en mer.

La prévention, c’est entre autre intervenir auprès des jeunes dans les collèges et les lycées. Sensibiliser les gens aux risques potentiels des sports nautiques qui se multiplient d’année en année tant par la nature des activités que par le nombre de candidats aux sensations fortes.

Alors, planche à voile, paddel, bateaux à moteur, à voile, jet-sky, surf et kitesurf, wingfoil … même combat, PRUDENCE. Et oui, comme on fait au CMN, prendre connaissance des conditions météorologiques, vérifier son matériel et fort de cela, être prudent et recommandation majeure porter un gilet de sauvetage.

Le sauvetage en mer nécessite une organisation bien rodée et efficace. Objectif, être le plus rapidement possible sur le lieu de l’intervention.

La station est basée au port de Pornichet, port en eau profonde qui permet d’appareiller quelque soit la marée, de jour comme de nuit, sur le secteur qui comprend la baie du Pouliguen, tout l’estuaire de la Loire jusqu’au pont et également la zone d’attente du port autonome de Nantes-Saint-Nazaire.

Chaque station organise son fonctionnement interne. Cette organisation prend en compte les contraintes des bénévoles et l’environnement géographique de la zone d’intervention de la station.

Celle de Pornichet-Côte d’Amour est établie par semaine de garde du vendredi au vendredi, avec un équipage d’astreinte de 5 personnes, prêt à intervenir 24h/24, durant toute la semaine. Chacun des équipiers a un rôle précis. L’équipage est sous l’autorité du patron de garde, responsable à bord, des opérations. Pour être Patron, il faut avoir suivi des formations dispensées au sein de la SNSM.

Chaque équipage doit pouvoir être opérationnel et armer les moyens de sauvetage en moins de 15 minutes suivant le déclenchement de l’opération par le « Patron » sur l’application téléphonique, suite aux instructions données par le CROSS-Etel. Cela implique que le lieu de domicile soit dans un rayon géographique compatible avec l’obligation d’être opérationnel très rapidement.

Quand les conditions de sauvetage le requièrent, des sauveteurs supplémentaires peuvent se rendre disponibles. Lorsque les conditions météorologiques sont particulièrement mauvaise, c’est au « Patron » que revient la décision finale de sortir ou pas, suite aux échanges avec le CROSS. S’engager dans une opération de sauvetage, sans pouvoir la mener à bien, met en danger tout autant les sauveteurs que les personnes à sauver . « C’est la décision la plus dure à prendre de dire qu’on ne peut pas y aller, que c’est compliqué d’y aller » confie Thierry Caudal. D’autres moyens d’interventions plus adaptés sont alors déclenchés comme les moyens aériens.

La devise de la station prend tout son sens : « Sauver et Revenir ». L’objectif c’est de pouvoir se dire « mission accomplie » !

Pour les interventions, la station dispose comme moyens nautiques d’une vedette V2, d’un semi-rigide de 6 m. Les stations proches de La Turballes et de Pornic sont équipées des mêmes moyens et peuvent venir en renfort. Noirmoutiers et Le Croisic disposent d’un canot « tout temps ».

Certains sauvetages peuvent engager les bénévoles pour de longues heures. La fatigue, occasionnée par les conditions de mer, la concentration pour le repérage de la personne en difficulté, nécessite de relayer l’équipe. Un sauvetage peut ainsi engager d’autres équipages en relais.

En 2020, la station totalise 180 sorties dont 80 pour un sauvetage, essentiellement concentrées sur les mois de juin, juillet et août. Les autres sorties se partagent entre des actions de sécurisation et des entraînements qui sont essentiels à la pratique du sauvetage.

Encore un chiffre, près de 90% des interventions de sauvetage sont liés à la plaisance et ce pourcentage ne cesse d’augmenter avec le développement des sports nautiques. (Il y a 30 ans, les interventions étaient pêche-commerce-plaisance). Pour certains, la mer c’est facile et il y a beaucoup d’insouciance ! « La SNSM n’est pas près de chômer » déclare Thierry, « tous les ans, les interventions augmentent de 15% ».

Thierry et Eric sont des passionnés de la mer. Eric est à la SNSM depuis 8 ans, Thierry depuis 20 ans.

Thierry, après avoir été « Patron », a été nommé président de la station Pornichet-Côte d’Amour. Il embarque encore, comme équipier, en fonction des besoins des interventions. Toujours disponible.

Etre « Patron » est un engagement fort, car toute l’organisation des opérations déclenchées repose sur lui. Cela requière une grande disponibilité.

 

Eric est « Patron », nageur de bord (intervention en surface), plongeur de bord, formateur et formateur secouriste. A 27 ans, il a déjà un passé de secouriste à la Croix Blanche et pratique la plongée depuis de nombreuses années ainsi que des activités nautiques.

« Pour être sauveteur en mer il faut avoir une certaine connaissance de la mer et avoir une certaine passion, surtout ça ! »

La disponibilité n’est pas un vain mot. En plus des interventions, la formation et les entraînements représentent une part non négligeable d’investissement pour les bénévoles embarqués.

Côté travail, il faut que l’employeur autorise le départ à tout moment. Pour le bénévole, cela impliquera de récupérer ce temps d’absence au niveau de l’entreprise. Si l’intervention est de nuit, il faudra être au travail le lendemain comme si de rien n’était.

Pour assouplir l’organisation des interventions au regard des contraintes professionnelles le « Patron » par le biais de l’application, sait en plus des équipiers d’astreinte, quels sont les bénévoles qui peuvent être disponibles et quitter leur travail.

En conclusion Thierry et Eric rappellent que « La SNSM est un engagement fort, on ne fait pas ça par hasard, cela demande de l’investissement. Les gens qui sont là peuvent avoir 35 ans, 40 ans d’engagement. Cela n’est pas rien ! »

Encore merci à Thierry et Eric pour cet échange qui permet de prendre la mesure de l’engagement des bénévoles de la SNSM. Préservons les en adoptant une attitude responsable dans notre pratique du bateau.

Rappel : Le sauvetage des personnes est gratuit à la SNSM.

Tout ce qui concerne le matériel donne lieu à une partie du remboursement des frais.

Anne-Marie

Photos : SNSM – Station de Pornichet-Côte d’Amour

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