Le Vendée Globe : Bilan d’une course à la technologie

Voici la conclusion d’un article tiré du site officiel du Vendée Globe datant du 26 Août 2020, intitulé « Vitesse : quels gains en quatre ans ? »

Il est donc très probable que le temps de référence établi par Armel Le Cléac’h en 2016 (74j 03h 35’ 46’’) soit largement battu puisque les nouveaux 60 pieds sont capables d’aligner des moyennes de près de 30 nœuds pendant plusieurs heures. La difficulté pour les skippers sera plus de supporter le bruit – sifflement des appendices, chocs des vagues – , et surtout les mouvements extrêmement violents du bateau entre « décollage » et « amerrissage ». Car il ne sera pas aisé de conserver l’assiette en « vol » d’un voilier de neuf tonnes, en solitaires !

L’article ventait les progrès réalisés dans le dessin des nouveaux supports, dotés de foils plus longs et plus fins, permettant de diminuer près de 100% du poids du bateau en navigation, réduisant les surfaces en contact avec l’eau et gagnant 5-6 nœuds par rapport à un bateau ne décollant pas. Les foilers.

Quelle est la conclusion de cette édition 2020-2021 ?

 

Yannick Bestaven est le vainqueur officiel, après 80j 03h 44m 46s de temps de course (avec compensation).

Son bateau, Maître Coq, anciennement Safran II, avait été construit pour Morgan Lagravière, selon un plan VPLP-Verdier de 2015. Notons que c’était la même carène que celle de Banque Populaire avec lequel Armel Le Cléac’h a gagné la précédente édition. Une carène assez plate et puissante. Peu de changements ont été effectués dessus, hormis un travail sur l’ergonomie et le confort à bord, ainsi que mise à niveau de la jauge. Ce qui semblerait, sur le long terme, suffire à atteindre de belles performances.

 

       

 

En effet, si l’on regarde des bateaux comme ceux de Charlie Dalin (Apivia ) ou Thomas Ruyant (LinkedOut), deux plans Verdier « neufs », ils n’ont finalement pas atteint les mêmes performances sur la durée de la course du Vendée Globe que l’on avait pu relever lors de courses moins longues. Les deux ont eu diverses avaries aux mois de Novembre et de Décembre : Pour Apivia, ce sont des dégâts au niveau de la cale basse bâbord (jonction entre le foil et le bateau), qui ne semble pas liée à un choc avec un OFNI. Chez LinkedOut, le foil bâbord s’est fissuré, dont il sera privé pour le reste de la course. Ces deux bateaux sont le résultat de nombreux tests sur des versions de carène et leurs déclinaisons ; le type de fibres utilisées pour les foils ; ce sont des milliers de capteurs d’efforts partout pour mesurer la résistance du mât par exemple.

Pendant ce temps-là, que Jean Le Cam ou Damien Seguin, avec des bateaux plus anciens, dont il est difficile de juger la performance « pure » puisqu’on ne sait pas dans quelles conditions sont exactement leurs bateaux, ont des classements plus qu’honorables. Ceux-ci, avec peut-être moins de moyens financiers, ont probablement dû s’efforcer de fiabiliser les bateaux, avant de pouvoir les « révolutionner », mais bénéficiant finalement d’un travail sur du plus long terme et retours d’expériences sur leurs montures.

         

Si l’on reprend des résumé de la course au 20 Novembre, 200 miles était l’écart qui séparait le trio de tête des foilers (Alex Thomson, Charlie Dalin et Thomas Ruyant) du quatrième, Jean Le Cam. Ils faisaient une moyenne e 22-23 nœuds contre 16 nœuds pour les suivants.

Quand est-il donc de Alex Thomson (Hugo Boss) et de Jérémie Beyou (Charal) sur leurs supports plans VPLP dernier cri? Le second a endommagé un safran dans une collision avec un OFNI et à du faire demi-tour, le mettant hors course. Et Hugo Boss a connu de sérieux problèmes de structure ainsi qu’une avarie de safran qui ont rendu le bateau ingouvernable … visiblement trop fragile pour vaincre un tour du monde. Beyou est tout de même arrivé samedi 6 février 2021 à 89j 18h 55m 58s, partant avec 9 jours de retard … et son écart avec Yannick Bestaven est de 9j 15h et 11min. Une très belle performance donc.

 

           

Hâte donc de découvrir lors de la prochaine édition les skippeurs en course et leurs bateaux, toutes générations et toutes technologies. On retiendra toujours la réplique de Michel Desjoyeaux « Le Vendée Globe, c’est un problème technique par jour … » …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

12 − huit =

%d blogueurs aiment cette page :