Des bouées et des hommes – Episode 2

Balisage des littoraux français

Alerter des dangers fut une préoccupation des hommes dès qu’il a fallu faire naviguer des bateaux marchands (dès l’Antiquité). Mais il faudra attendre  la révolution française pour que soit organisé,  en 1791, un service unique de signalisation maritime nationale, à qui sera confié la surveillance des phares, des amers, des balises….

1806, sous Napoléon 1er, est créé le service “Phares et Balises”. Cette nouvelle administration était rattachée à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées et dépendait du ministère de l’intérieur. Le nom du premier directeur rappellera sans doute à certains quelque chose, il s’agit de Augustin Fresnel et oui, celui-là  même qui inventa le système lenticulaire pour les phares (la fameuse lentille de Fresnel !)

Aujourd’hui, le service des phares et balises relèvent de la direction interrégionale de la Mer (DIRM). Ce service assure une mission de service public de proximité. Il est chargé de toutes les questions relatives à la sécurité de la navigation et des navires, aux usagers de la mer et à l’activité maritime professionnelle.

  •  Il assure la maintenance des établissements de signalisation maritime (les “ESM”), c’est à dire toutes les aides visuelles (phares, balises, tous types de bouées), sonores, radio-électriques, sur terre et sur mer.
  • Il améliore les dispositifs de balisage avec notamment les contributions des usagers de la mer. Chaque département français littoral est doté d’une subdivision. Chacune est reliée à l’un des 6 principaux centres de balisage de France. Saint-Nazaire est l’un de ces centres. Il veille sur plus de 300 km de côtes de la Loire-Atlantique et de la Vendée, plus l’estuaire de la Loire de Saint-Nazaire à Nantes.

Zoom sur Saint-Nazaire

21 personnes travaillent au centre de Saint-Nazaire et couvrent des métiers très divers : maçon, électronicien, soudeur, dessinateur, chaudronnier, peintre-sableur…

Le centre est doté d’une flotte pour réaliser tous les travaux sur site (contrôle et maintenance préventive, entretien et dépannage de la signalisation maritime). Le baliseur, “l’Atlantique”, ancien thonier du port de Sète,

Intervention sur site

permet d’aller en mer comme en Loire et d’acheminer les hommes et le matériel nécessaire pour la réalisation des travaux de maintenance et de réparation. Le bateau de travaux “Esilab” en verlan, ce qui donne “balise”. C’est une tradition dans la navigation fluviale de baptiser un bateau d’un terme en référence au métier et de l’écrire à l’envers. Il y a le Cob, un petit ponton, aux allures de boîte de sardines, qui permet d’aller quasi partout et surtout quand il y a peu d’eau.

Le suivi et la programmation de cette maintenance sont planifiés pour l’année, aux quels se rajoutent les interventions d’urgence quand les tempêtes ou accidents malmènent les dispositifs de balisage. La subdivision phares et balises intervient aussi pour le

Stockage du matériel Polmar

compte des communes pour aménager les zones de baignade, comme les prises d’eau en mer pour les centres de thalassothérapie.

Au-delà de toutes ces missions permanentes concourant à la sécurité de l’ensemble des usagers de la mer, les Phares et balises interviennent également à titre d’expert auprès des porteurs de projet (travaux du port de La Turballe) et assure la gestion du centre de stockage de matériel de lutte contre la pollution marine (Polmar) pour les départements de Vendée, du Morbihan et de Loire-Atlantique.

 

L'ancien baliseur détrôné par L'atlantique
L’ancien baliseur détrôné par L’Atlantique

 

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