Une semaine dans le golfe… de Gascogne cette fois-ci, direction Gijón en Cantabrie !

Dernier point météo le samedi matin 19 au matin. Naoned est prêt avec un four neuf et une poulie de palan de GV changés la veille au soir par l’équipage. Avitaillement bouclé, nous partons à cinq. Trois équipiers ont déjà traversé le golfe de Gascogne mais…

l’aller-retour dans la semaine est une première pour tous.

Descente en suivant la route orthodromique ; 272 milles au portant à plus de 6 nœuds de moyenne ! Au plus loin, la côte est à 120 milles par plus de 4000 mètres de fonds : nous voici bien en navigation hauturière. Le golfe de Gascogne est fidèle à sa réputation : ça bouge même sans forte houle et les estomacs sont noués. Les quarts de 3 heures sont établis pour ménager des temps de repos à chacun, ils seront poursuivis le jour également car la première nuit a été agitée et une seconde va venir.

La deuxième nuit les réveils deviennent difficiles. Mais Naoned est un voilier sécurisant et l’équipage assure dans les quarts qui se succèdent trop vite ! Fabienne est inoxydable quand elle a bien dormi et mangé, Jacques ne rate jamais l’occasion d’un trait d’humour, Jean-Pierre, un solide, répond toujours présent, Evelyne, stoïquement, lutte contre l’adversité et attend des heures meilleures.

Au lever du jour, approche des côtes espagnoles sous un violent orage. L’Espagne est là !Atterrissage à Gijón le lundi midi avec le plaisir toujours renouvelé de la découverte après en avoir préparé l’approche d’un port inconnu. Plaisir aussi bien sûr de la perspective de la terre ferme sous les pieds, d’une douche chaude et d’un bon restaurant partagé !

Ce sera le Galana, place de l’hôtel de ville, trouvé dans notre balade de l’après-midi à travers la

ville : poulpe grillé, riz noir à l’encre, carpaccio de thon avec un filet d’huile d’olive parfumé à la truffe blanche (si si !), le tout bien accompagné d’un Rioja blanc. Impasse sur le « sidra » local, beaucoup trop vert pour nos papilles et estomac.

Départ prévu à 10 heures le lendemain matin afin de devancer un coup de vent annoncé. Réveil à 8 heures pour un petit déjeuner…. Impossible. Pas de gaz et 4 heures perdues pour trouver la panne, un détenteur dans la ville, bricoler une réparation de fortune.

Départ enfin pour 320 milles en 2 jours et 6 heures au près avec deux grands bords, d’abord vers l’ouest pour éviter un coup de vent au fond du golfe. A l’approche du plateau de Rochebonne, le vent passe aimablement au NO et permet de remonter en droite ligne vers la baie de Quiberon. Par 5 ou 6 Beaufort et à 60 degrés du vent, Nao sous inter avec un ris est bien calé, facile à barrer, même quand la mer se creuse, devient hachée et courte au milieu de la nuit.

2 heures de mat’, le cb a des frissons : Jean-Pierre en se levant replonge tête la première bien involontairement contre sa bannette. Une heure plus tard, l’hémorragie stoppée, il sera à nouveau à la barre. Le costaud sera désormais balafré !

Nous arrivons au Crouesty le jeudi à la tombée du jour, heureux et plutôt fiers de notre escapade ibérique. Une expérience riche pour chacun dans ce petit marathon de 600 milles en 4 jours de haute mer dont le succès n’est pas étranger aux compétences de Bruno, notre chef de bord, toujours disponible et attentif, qui a su exprimer ses qualités auprès d’un équipage motivé et tout acquis à sa cause. De beaux moments partagés également avec toujours une belle attention portée aux autres au fil de cette navigation. Et des envies de pousser l’aventure un peu plus loin, au Portugal, aux Canaries ou aux Açores, et outre Atlantique bien sûr !

Bruno PAVONI

Chef de bord CMN

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