Cap sur les Anglo-Normandes

Arrivés à Saint Malo à 10 heures, nous disposons de quatre heures et demie avant d’appareiller. Le seuil du Port des sablons est de deux mètres de même que le tirant d’eau de notre bateau « Esprit des Minquiers » nous devons donc attendre que la hauteur d’eau soit de quatre mètres. Le temps de faire les courses, d’un passage de consignes, de partager un petit resto avec une partie de l’équipage de la semaine précédente et de s’organiser à bord. Quatorze heures une dernière vérification de l’accastillage, un petit topo sécurité. A seize heures, nous sommes dans la Rade de St Malo et prenons le chenal des petits pointus (nord-est) en direction de l’archipel de Chausey. Nous naviguons au portant avec un vent de force 4, quatre heures plus tard, nous sommes amarrés dans le Sound, au pied de la Grande-île, une navigation tranquille pour un amarinage en douceur.Un premier contact et première leçon de navigation avec les courants dans la Manche : alors que nous prenons un coffre à la proue du bateau, en 10 minutes le courant change radicalement de direction avec un décalage de 40 minutes avec la marée, le bateau commence à éviter. Sans l’aide de l’employé de la marina pour embosser le coffre arrière, nous étions bons pour refaire un tour et recommencer notre prise de coffre.

 

Le lendemain, nous commençons par un exercice de pilotage en quittant l’archipel par le chenal nord-ouest. Nous contournons le Plateau des Minquiers et sommes salués par un groupe d’une quinzaine de grands dauphins, puis nous nous dirigeons vers notre mouillage au nord Est de Jersey à St-Catherine-bay. Pour la majorité de l’équipage une bonne ballade jusqu’au château de Gorey, avec pour

 

récompense une pinte de pale-ale. Sur le chemin les équipiers peuvent contempler en passant deux tours Martelo, inspirées des tours Génoises que l’on trouve en Corse, mais celles là ont été bâties pour se protéger d’un corse nommé Bonaparte.

Après une bonne grasse-matinée, nouvel exercice de pilotage pour un repas au cœur des Ecréhou, un décor exotique, des maisons isolées au cœur du Passage de la Déroute (celle des Français), à plus de 5 miles au nord-est de Jersey, avant une nouvelle traversée pour Guernesey.

 

 

 

 

 

 

Nous enchaînons pour un long bord de 25 miles au portant et passons au sud des iles de Serk et d’Herm.

 

 

Arrivé à St-Peter-Port, le service de rade nous place par tirants d’eau sur un ponton d’attente, et nous indique le moment ou chacun pourra franchir le seuil de Victoria Marina, en fonction de son tirant d’eau.

Dans les rues de St-Peter-Port, nous sommes au cœur de l’Angleterre, même si certains noms de rue sonnent curieusement français, quant aux Fish and chips ils n’ont rien à voir avec ceux du continent. Les deux équipiers qui ont visiter la maison de Victor-Hugo m’ont fait vivement regretter de ne pas y être allé.

Au terme d’une journée de tourisme, nous quittons la marina à 23h00 pour une traversée de nuit en direction de Bréhat. La météo semble clémente Météo-France nous annonce force 4. Jusqu’à la pointe sud-est de Guernesey nous n’avons pas plus de 8 nœuds de vent, mais 3 miles plus loin, nous ne sommes plus abrités par l’ile et le vent monte jusqu’à 5 voir 6 beauforts.

Plutôt que de réveiller les 2 équipiers qui dorment dans leurs banettes, nous mettons Esprit des Minquers à la cape et prenons 2 ris d’emblée. La nuit sera plus sereine. Compte tenue de la météo constatée nous préférons faire cap sur St Quay-Portrieux, Bréhat n’étant pas suffisamment abrité.

Si le vent est facétieux, le ciel est clair et c’est un bonheur d’observer les étoiles tout en cherchant les différents feux qui jalonnent notre route (Les Roches Douvres, les Minquiers, …). Enfin au terme de 13h00 et de 55miles de navigation, nous profitons d’une longue grasse-matinée et plus particulièrement pour le chef de bord, qui bien que hors-quart, a été régulièrement mobilisé durand la nuit.

Les deux jours suivants nous enchainerons par une traversée vers St-Cast-le-Guildo, et un mouillage sous l’ile des Herbihens avant le retour à St Malo. St Malo où l’arrivée par le Grand chenal est assez magique une fois qu’on a pris ses marques. Une petite balade le long des côtes de Bretagne-nord où nous aurions bien flanés vers Bréhat ou le Trieux, mais ce sera l’occasion d’une autre bordée.

Pascal Coat et sa team.

Chef de bord au CMN

 

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